Olikrom, nouvel acteur de la lutte contre la contrefaçon

Cette startup produit des pigments intelligents qui changent de couleur lorsqu’ils sont soumis à des conditions thermiques ou physiques particulières. De quoi détecter notamment des produits contrefaits. Les fabricants de biens susceptibles d’être copiés peuvent être intéressés par cette technologie issue des recherches du CNRS.

La startup Olikrom vient d'inaugurer une usine près de Pessac (33). © Olikrom

La startup Olikrom vient d’inaugurer une usine près de Pessac (33). © Olikrom


Avec le développement du e-commerce, la contrefaçon explose. A titre d’exemple, en 2017, plus de 3 millions de médicaments et produits de santé ont été saisis par la douane. 75% provenaient de commandes effectuées sur Internet. Si la contrefaçon frappe de plein fouet l’industrie pharmaceutique, elle affecte d’autres secteurs, à commencer par celui du luxe, mais aussi l’alimentation, le BTP etc. Ce phénomène est d’ailleurs amené à s’accentuer avec la démocratisation des imprimantes 3D. Grâce à ces machines d’impression, n’importe quel objet est reproductible à l’identique. Le progrès aidant, demain l’œil nu ne suffira plus à détecter la contrefaçon.

Une innovation issue du CNRS

D’où l’intérêt des pigments intelligents concoctés par Olikrom. Cette startup, qui compte quatorze personnes dont huit à la R&D, a été créée en 2014 par son président Jean-François Létard, autrefois directeur de recherche à l’Institut de chimie de la matière condensée de Bordeaux qui dépend du CNRS. C’est là même qu’ont démarré les recherches sur des pigments intelligents. Lesquels donnent l’alerte en changeant de couleur lorsqu’ils sont soumis à différents paramètres tels qu’un choc, une élévation ou une baisse de température, la présence de certains gaz, etc.

Ouverture du premier site de production

Les industriels peuvent alors sécuriser leurs produits en intégrant ces pigments d’origine organique ou inorganique dans la matière. Tous les secteurs sont susceptibles d’être intéressés par cette innovation, qui est passée à l’étape de production industrielle. Olikrom vient d’ouvrir à côté de Pessac (33) sa première unité de production, d’une capacité d’une centaine de kg pour la production d’encres spéciales et de plus d’une tonne pour les peintures. « Pour financer nos développements, nous venons de lever 4,5 millions d’euros auprès de Starquest, Bpifrance et la région Nouvelle Aquitaine », indique le président d’Olikrom.

Des pigments dédiés à la sécurité routière

Parmi la soixantaine de clients que compte la startup, tous ne sont pas mobilisés sur des problématiques de contrefaçon. A l’instar de Safran ou Airbus, qui utilisent ces pigments pour sécuriser le vieillissement des structures de leurs appareils. De son côté, Eiffage vient d’inaugurer deux kilomètres de piste cyclable luminescente. La peinture utilisée est actuellement en cours d’évaluation. Si les résultats s’avèrent positifs, notamment en termes de robustesse au frottement, elle contribuera à limiter les risques routiers en signalant les endroits dangereux sur les routes dépourvues d’éclairage.

Lien vers l’article dans Infoprotection.fr par Eliane Kan