Olikrom lève 4,5 millions d’euros pour industrialiser ses pigments

La start-up spécialisée dans la production de pigments intelligents pour l’industrie vient de boucler une deuxième levée de fonds. Ces 4,5 millions d’euros financeront le nouveau site d’Olikrom à Pessac (Gironde). Il accueillera le siège social, le centre de R&D et une unité pilote de production.

Olikrom produit des pigments capables de changer de couleur en cas de changement de température, de lumière, de pression… — Photo : OliKrom/anaelb.com


Sa technologie de rupture est née sur la paillasse d’un laboratoire universitaire de Pessac, en Gironde. Plus d’une décennie plus tard, Jean-François Létard reste attaché à la commune qui a vu éclore Olikrom. C’est la raison pour laquelle il a choisi Pessac pour implanter son nouveau site, livré dans quelques semaines. 1 600 m2 dédiés à la pré-industrialisation de ses innovations, des encres et peintures formulées à partir de pigments intelligents capables de changer de couleur lorsqu’il y a une perturbation de la température, de la lumière ou de la pression.

Il fallait financer cette nouvelle phase de développement et c’est chose faite : Olikrom a levé 4,5 millions d’euros auprès de son investisseur historique – le fonds français Starquest Capital -, ainsi que Social Family, Bpifrance, Banque Populaire Aquitaine Centre Atlantique, la Région Nouvelle-Aquitaine et le programme Ademe « Route du Futur », dont Olikrom est lauréat en consortium avec Eiffage.

Un tour de table mené tambour battant en seulement trois mois. Il faut dire qu’en moins de quatre ans d’existence, la start-up a démontré qu’elle était solide sur ses appuis. Des fleurons de l’industrie utilisent déjà ses pigments : Airbus, Eiffage ou encore Turbomeca. Autant de clients prestigieux pour sécuriser les investisseurs.

Un site opérationnel à l’automne

« Depuis notre création en 2014, nous avons franchi très rapidement plusieurs étapes cruciales », détaille Jean-François Létard, son PDG. « Ces derniers mois, notre croissance s’est encore accélérée. Il est devenu urgent de renforcer nos équipes (14 salariés, ndlr) et de nous munir d’un outil industriel performant, capable d’absorber une forte progression de l’activité ». Le nouveau site – qui devrait être opérationnel à l’automne – permettra de produire environ une tonne de pigments par mois.

« C’est une capacité suffisante pour certains marchés. Mais pour le domaine routier par exemple, dans le cadre de notre partenariat avec Eiffage, il faudra des volumes bien supérieurs. On va d’abord démontrer que l’on est capable d’industrialiser notre production. Ensuite, dans deux ou trois ans, si tout va bien, nous aurons besoin d’une usine dimensionnée pour produire une dizaine de tonnes par mois », anticipe le fondateur. « Cette future usine, si on doit la construire, ne sera pas forcément située à Pessac, en fonction des volumes. Mais on restera assurément à proximité de Bordeaux. On tient à rester ancré en Aquitaine », assure-t-il.

Des recrutements pour monter en cadence

En attendant, Olikrom planifie son déménagement imminent et tente de trouver la bonne recette pour une mise en production réussie. « Le bâtiment est conditionné pour accueillir 30 à 50 salariés. Nous allons faire coïncider les recrutements avec la montée en cadence. Il faut anticiper et en même temps être pragmatique. Il ne faut pas surdimensionner nos besoins. C’est toujours un compromis, une prise de risque qui doit être la plus mesurée possible », tempère Jean-François Létard. Une prudence qui, à n’en pas douter, a dû achever de convaincre les investisseurs !

Lien vers l’article de Astrid Gouzik, le 13 juin 2018